Bilan et conseils pour les futurs immigrants au Québec

Edit : l’immigration est une chose très particulière et personnel. Chaque expérience est différente.

Lorsque le site expat.com m’a contacté pour une interview sur ma vie d’immigrante au Québec, j’ai constaté que je n’avais pas écrit d’article sur le sujet ! Aspirée par la routine sans doute et aussi sur le fait que nous sommes des milliers dans ce cas, le sujet étant devenu banal. Puis comme chaque expérience est différente, je me suis donc dit peut-être qu’un bilan/conseil pourrait en aider quelques-uns.

Alors voilà, le 6 août dernier, nous avons fêter notre 3e Canadanniversaire comme nous, les immigrants aimons l’appeler, c’est drôle car cela fait écho à une nouvelle naissance : Un renouveau, un départ de zéro. En choisissant de venir vivre au Canada, vous devez prendre conscience que vous allez recommencer votre vie à zéro. Et pas seulement, d’un point de vue professionnelle.

Le Canada n’est pas un Eldorado

On peut dire, dans un sens, que nous avons eu de la chance d’un point de vue professionnel. Pour ma part, j’ai envoyé un CV, passé un entretien et j’ai eu un travail seulement un mois après notre arrivée. Un emploi qui ne correspondait et qui ne correspond toujours pas directement à mes compétences mais au départ, vous devez mettre un pied dans le monde du travail québécois et peut importe par quelle porte vous entrez.
Mr G a mis 3 mois avant de trouver une job dans sa branche qui est assez spécifique (le hic c’est que c est à 60kms de MTL). Donc de ce côté là on peut dire que c est globalement positif !

Montréal immigration

De par mon expérience pro à MTL aujourd’hui, je peux vous dire que si vous travaillez dans le milieu des services peut importe votre poste, l’anglais sera une compétence requise. Et si vous êtes plutôt so-so de ce côté, je vous conseille de vous y mettre sérieusement car cela freinera considérablement vos recherches d’emploi ! Côté vacances, vous allez amèrement regretter vos 5 semaines. Le minimum est 2 semaines de vacances, les plus chanceux en auront 3 à l’embauche ! 2 semaines c’est peu et difficile, surtout quand la job est fatiguant nerveusement ou physiquement. Mais on s’habitue à tout !

Loin des yeux mais encore plus près du cœur

Côté personnel, plusieurs statistiques montrent que certains couples ne survivent pas à une immigration et je peux le comprendre car c’est énormément de changements d’un seul coup et tout le monde ne les gère pas de la même manière !
La distance avec la famille est un gros point noir sur le tableau, c’est au moment ou l’on se retrouve seul devant sa « dinde » de Noel que l’on prend conscience de l’importance de ces moments de réunion. Vous allez manquer des étapes importantes dans la vie de vos proches : mariages, naissances, décès. Malheureusement, rien ne vous prépare à ça et il faut vivre ces situations pour les comprendre. Mais je vous rassure on s’habitue à tout et même à  la distance et même j’aime à dire que la distance rapproche car maintenant je sais à quel point le temps passé avec mes proches est précieux.

Canada immigration

Côté cercle amical, encore une fois nous étions chanceux, nous avions déjà des amis sur place. Les rencontres se font aussi plus facile grâce aux réseaux sociaux. Ne cherchez pas à tout prix à vous faire des amis québécois ! ( le sujet revient beaucoup sur les forums  d’immigration). Ce n’est pas quelque chose qui se contrôle, c’est une histoire d’alchimie tout simplement ! Puis vous aurez plus de point communs avec des gens qui vivent la même chose que vous et c’est l’fun pareil, peut importe leur nationalité.

Québec : give me your money ! (ça sonne mieux en anglais #sorry)

Je dirai qu’il est sensiblement le même qu’en France, dépendant d’où vous habitez. Nous habitions en région Rhône-Alpes où les prix étaient assez élevés et nous ne voyons pas un grand écart.

Pour être synthétique :
-Logement : – cher qu’une ville comme Lyon à la location.
-Voiture : + cher, car vous payez vos plaques et votre permis tous les ans !
-Épicerie : + cher (dépend essentiellement de votre alimentation mais si vous cuisinez beaucoup de produits frais comme nous, c’est plus cher)
-Loisirs : + dans la mesure où dès que vous souhaitez faire une activité dans un parc national, l’entrée est payante.
-Salaires : difficile à dire de par mon expérience mais comme les impôts sont pris à la source, l’argent gagné est de l’argent de « poche » (lisez ça avec de gros guillemets hein !).

Globalement à salaire équivalent, la vie est plus douce et plus agréable à Montréal.

Canada conseils

Un esprit sain dans un corps sain

Je ne vous apprend rien si je vous dis que le système de santé est saturé. Il est vrai que les médecins de famille se font rares à Montréal et que si vous avez un rhume, grippe où tous ses petits maux du quotidien, il n’est pas utile d’aller encombrer un peu plus les salles d’attentes des cliniques médicales. Par contre, si vous avez un réel besoin de voir un médecin, vous le verrez mais pour cela vous devrez vous lever tôt. J’ai déjà fait la file à 6h30 du matin devant une clinique pour être certaine de voir un médecin et je n’étais pas la 1ère, j’ai attendu 3h30 pour une ordonnance c’est plate, mais c’est notre réalité. Par contre, une fois que vous êtes dans le système de santé en cas de besoin plus grave qu’une ordonnance vous êtes très bien pris en charge.

L’hiver, le fameux

Je ne vais rien vous apprendre en vous disant qu’il fait froid, très froid. Et qu’il y a de la neige beaucoup de neige ! Mais en étant bien habillé, on peut profiter de l’hiver. Et non les manteaux Canada Goose ne sont pas une obligation, il y en a des beaucoup beaucoup plus abordables qui font très bien la job ! Ce qui est difficile ce n’est pas le froid, c’est la durée de l’hiver. Arrivé au mois de mars/avril, tout le monde en a un peu ras-le-bol du froid et la slush (neige fondue). On a qu’une hâte, c’est que le printemps pointe le bout de son nez.

Canada vie d'expat

Si c’était à refaire

Il y a encore beaucoup d’aspect de l’immigration que l’on pourrait aborder mais pour un 1er bilan, je pense que cela répond aux principales préoccupations que les futurs immigrants peuvent avoir. Si c’était à refaire, nous le referions sans hésiter même si tout n’est pas rose. C’est une des plus belles expériences (méga enrichissante!) de notre vie.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire, ça me fera plaisir d’y répondre

 

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365 jours

365jours_qc365 jours depuis nos premiers pas à Montréal en tant qu’immigrants. Cette année est passée à une vitesse déconcertante. J’ai la drôle d’impression d’être enracinée dans cette ville depuis des années alors que çà ne fait que 365 jours que nous avons posé nos valises.

Les jours, les semaines, les mois, les saisons passent à une vitesse folle, sûrement l’attrait de la nouveauté. Au bout de 365 jours, le nouveau est un un peu moins nouveau. On se crée nos repères, on commence à avoir des habitudes. La ville nous est moins étrangère, moins hostile par moment.

365 jours a se familiariser avec un nouveau monde, une nouvelle culture. Tel un nouveau né, on doit (ré)apprendre à marcher. Les actes de la vie courante qui semble d’une banalité affligeante, tel que remplir un chèque, acheter un cellulaire, payer l’addition dans un restaurant sont des petites collines à franchir.

Depuis 365  jours, on a fait du chemin. Nous travaillons tous les 2 dans des jobs qui sont de près ou de loin dans nos domaines, nous avons la chance d’avoir un grand et lumineux appartement dans un quartier que l’on adore. Nous avons une voiture qui nous permet de nous évader le weekend. Concrètement le bilan est plus que positif.

Mais la vie, ici comme ailleurs, n’est pas un long fleuve tranquille. Le point noir de cette histoire est l’éloignement familial. Il est difficile de vivre loin de sa famille, extrêmement difficile. Nous ne sommes pas là pour les anniversaires, les fêtes de fin d’année, les naissances et le plus triste, les membres de la famille qui nous quittent. On pense que cela va être facile à gérer car  la distance n’est plus aussi importante grâce à Skype etc…dans les faits c’est le cas, on est aspiré par le quotidien, on y pense pas à chaque instant. Mais lorsque l’on prend du recul sur les choses et que l’on fait le constat que cela fait 365 jours que nous n’avons pas vu notre famille, on se demande si tout cela a du sens.

Puis, il suffit de se remémorer le long chemin de la paperasse d’immigration, l’attente, puis le bonheur de vivre ici. Regarder de temps en temps les infos françaises, permet de remettre les choses dans leur contexte. Il est certain que rien ne peut remplacer la présence de sa famille, mais la vie est faite de choix et de sacrifices. Et notre choix était de venir vivre ici alors à nous  de rendre les 365 prochains jours aussi excitants exaltants que les 365 derniers et de vous faire partager cela.

A bientôt.

A.